La prochaine grande fenêtre spatiale sur l’Univers infrarouge lointain

Qu’est-ce que PRIMA ?
PRIMA — PRobe far-Infrared Mission for Astrophysics — est une mission d’observatoire spatial dans l’infrarouge lointain, refroidi cryogéniquement. Elle vise à combler le domaine spectral entre le JWST et ALMA/NOEMA, là où se cache une grande partie de la lumière émise par la poussière froide, les galaxies obscurcies, les régions de formation stellaire et les disques planétaires.
Le 23 septembre 2026, la NASA a annoncé la sélection de PRIMA pour entrer en Phase B : PRIMA devient ainsi la première mission de la nouvelle classe Probe Explorers du programme Explorers de la NASA. Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) gère la mission pour la NASA. Le CNES figure explicitement parmi les partenaires internationaux de la mission. Des informations plus détaillées sont disponibles sur le site PRIMA du JPL et dans le communiqué de la NASA du 23 septembre 2026.
À l’issue de l’évaluation des études de concept du programme Probe Explorers, la NASA a sélectionné PRIMA pour poursuivre son développement en Phase B, consacrée à l’approfondissement de la conception préliminaire et au développement technologique. La mission reste soumise à une revue de confirmation portant notamment sur les performances techniques, programmatiques et de coût avant un éventuel passage en Phase C. La NASA vise un lancement en 2033 pour une mission nominale de cinq ans. En parallèle, PRIMAger, l’instrument européen de PRIMA, a passé sa revue de fin de phase A au CNES à Toulouse les 2 et 3 juin 2026.
| Télescope 1,8m | Refroidi à 4,5 K | 24–260 μm | Spectroscopie + imagerie | Polarimétrie FIR |
La science de PRIMA
Le programme cœur (temps de l’équipe scientifique) PRIMA s’attaque à trois grands thèmes : l’origine des atmosphères planétaires, l’évolution des écosystèmes galactiques, et la construction des poussières et des métaux cosmiques. D’autre part, une large fraction du temps d’observation sera ouverte à la communauté internationale via des programmes General Observer (GO), décrits dans le Livre GO PRIMA (Moullet et al. 2025).
PRIMA donnera accès à l’Univers froid, poussiéreux et obscurci avec une sensibilité et une vitesse de cartographie inédites.

Fig. 1 : La science de PRIMA : la partie supérieure décrit le programme du temps PI (~25 % du temps d’observation) et la partie inférieure (~75 %) liste les thèmes qui ont été proposés dans le PRIMA GO Book Vol. 2. Le panorama de PRIMA ouvre sur une grande partie de l’astrophysique, à toutes les échelles.
PRIMAger : la contribution européenne clé
PRIMA embarque deux instruments complémentaires : FIRESS, dédié à la spectroscopie, et PRIMAger, un imageur hyperspectral et polarimétrique. PRIMAger est au cœur de la contribution européenne : il permettra à la fois de cartographier de très grands champs, de mesurer les signatures spectrales des poussières et molécules aromatiques, et de tracer les champs magnétiques par polarimétrie.
Pourquoi l’Europe, la France et le LAM sont essentiels
Europe
L’Europe apporte une expertise reconnue en instrumentation spatiale infrarouge, cryogénie, détecteurs et grands relevés astrophysiques. Sa présence dans PRIMA garantit un rôle scientifique majeur dans une mission phare des années 2030. |
France
La France, via le CNES, le LAM et le CEA, participe à la définition scientifique et au développement de PRIMAger. Dans son annonce du 23 septembre 2026, la NASA cite officiellement le CNES parmi les partenaires internationaux de PRIMA. Cette implication prolonge l’héritage européen d’ISO et Herschel dans l’infrarouge spatial. |
LAM
Le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille occupe une place centrale dans PRIMAger : coordination européenne, liaison PRIMA – Europe. |
Pour le LAM, PRIMA et PRIMAger représentent une opportunité stratégique : renforcer le leadership français dans l’infrarouge lointain, former la prochaine génération d’experts, tant du point de vue astrophysique qu’instrumental, et assurer un accès direct aux données qui structureront l’astrophysique des décennies à venir.
Messages clés
- PRIMA a été sélectionnée par la NASA pour entrer en Phase B et devient la première mission de la nouvelle classe Probe Explorers.
- PRIMA ouvre une fenêtre spectrale aujourd’hui inaccessible avec une sensibilité sans précédent.
- PRIMAger est l’instrument d’imagerie et de polarimétrie qui donnera à PRIMA sa puissance de relevés.
- L’Europe a un rôle stratégique à jouer pour rester au premier plan de l’infrarouge spatial.
- La France, le CNES, le LAM et le CEA sont au cœur de l’implication européenne dans PRIMAger.
- Le LAM porte des responsabilités scientifiques majeures et des programmes de relevés ambitieux comme π-IR.
L’équipe PRIMA au LAM
Le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM) joue un rôle majeur dans PRIMA et PRIMAger, tant sur les aspects scientifiques qu’instrumentaux. Les chercheurs et ingénieurs du laboratoire contribuent à la définition des objectifs scientifiques, au développement de l’instrument PRIMAger et à la préparation des grands programmes d’observation qui structureront l’exploitation scientifique de la mission.
Denis BurgarellaCo-investigateur PRIMA |
Laure CieslaCo-investigateur PRIMA |
Fabrice MadecProject Manager PRIMAger |
Anne Costille / Johan FloriotIngénieurs système PRIMAger |
Équipe LAMPlusieurs chercheurs, ingénieurs, administratifs et doctorants participent aux développements instrumentaux, aux simulations, aux relevés scientifiques et à la préparation de l’exploitation des données de PRIMA. |
|
Le LAM est aujourd’hui l’un des principaux laboratoires européens impliqués dans PRIMA. Cette implication garantit à la communauté française un accès privilégié aux développements scientifiques, aux programmes de relevés majeurs et aux futures données de la mission.
Contacts
Denis Burgarella, Co-Investigateur PRIMA
📧 denis.burgarella@lam.fr
Laure Ciesla, Co-Investigatrice PRIMA
📧 laure.ciesla@lam.fr
Fabrice Madec, Responsable Projet PRIMAger
📧 fabrice.madec@lam.fr





