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 Survol de l'astéroïde Steins par la sonde Rosetta

Publié le 8 janvier 2009

Rosetta fournit des images extraordinaires de l’astéroïde "Steins"



Survol de l’astéroïde Steins par la sonde Rosetta

La sonde Rosetta a survolé avec succès l’astéroïde Steins le 5 septembre 2008 et nous a fourni de très belles images de cet objet.
Une première analyse des images révèle un astéroïde très différent de ceux observés jusqu’à maintenant (missions de la NASA), surtout par sa forme complexe et très irrégulière. Le relief est très prononcé, avec de fortes pentes.
Sa taille (5.9 km x 4.0 km) et son albédo (0.35) sont conformes aux déterminations que nous avions réalisées à partir d’observations sol et Spitzer (Lamy et al., 2008, A&A 487).
L’histoire de cet objet a été sûrement mouvementée, comme le confirme les points suivants.
La surface est cratérisée et l’on dénombre au moins 23 cratère sur la partie visible. Parmi ces cratères, certains sont remarquables :

  • Un très gros cratère de 2 km de diamètre, dont les dimensions sont comparables à l’objet lui-même. De tels cratères ont déjà été observés sur plusieurs astéroïdes, dont Phobos et Mathilde. Ils représentent probablement la limite de ce qu’un tel objet peut supporter sans se briser.
  • Une chapelet de 7 cratères parfaitement alignés. Ce type de formation est connu mais habituellement observée sur de gros corps tels que les satellites de Jupiter, Mercure, la Lune ou encore Mars. C’est la première fois qu’une telle formation est observée sur un objet de si petite taille (voir note ci-dessous).
  • Des cratères partiellement comblés. Ces cratères ont sans doute été remplis par les éjectas d’un impact plus récent. Le processus est soit direct (les éjectas tombent dans le cratère), soit progressif (par migration du régolithe résultant des secousses sismiques provoquées par des impacts météoritiques plus tardifs).
    L’examen des premières images ne permet par de conclure que Steins puissent être un fragment d’un corps plus gros.

NOTE : La formation d’un chapelet de cratères s’explique classiquement par le passage répété de l’impacteur potentiel près de l’objet cible. Un passage suffisamment rapproché fait « exploser » l’impacteur par effet de marée gravitationnel. Il se crée un chapelet de fragments alignés sur son orbite qui de plus se trouve modifiée par suite de la perturbation créée par l’objet cible. La trajectoire peut alors devenir collisionnelle, et les fragments percutent la cible les uns après les autres. La parfaite illustration de ce mécanisme est le cas de la comète Shoemaker-Lévy dont les fragments se sont écrasés sur Jupiter, il y a quelques années. Il fonctionne bien dans la cas d’une cible très massive (l’effet de marée doit être suffisamment important). A l’évidence, la taille réduite de Steins pose problème. A moins que l’impact n’ait eu lieu alors que Steins était une partie d’un corps parent plus massif. Affaire à suivre !

Philippe LAMY, Laurent JORDA, Olivier GROUSSIN, Sébastien BESSE, Guillaume FAURY, Imre TOTH.

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Image de l’astéroïde Steins réalisée par la caméra NAC/OSIRIS de la sonde Rosetta le 5 septembre 2008.
Credits : ESA ©2008 MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/RSSD/INTA/UPM/DASP/IDA

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Images de l’astéroïde Steins réalisées par la caméra WAC/OSIRIS de la sonde Rosetta le 5 septembre 2008.
Credits : ESA ©2008 MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/RSSD/INTA/UPM/DASP/IDA



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