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 Bulletin de santé du satellite CoRoT

Publié le 8 décembre 2008

300 jours en orbite déjà fructueux !
Le satellite CoRoT (Convection, Rotation des étoiles et Transits des planètes extrasolaires) fête ses 300 jours en orbite, depuis son lancement du cosmodrome de Baïkonour le 27 décembre 2006.



Le satellite CoRoT (Convection, Rotation des étoiles et Transits des planètes extrasolaires) fête ses 300 jours en orbite, depuis son lancement du cosmodrome de Baïkonour le 27 décembre 2006. Le satellite vient d’achever sa première longue séquence d’observation (150 jours) vers le centre galactique et s’est retourné vers l’anti-centre, afin de tourner le dos au soleil, le 15 octobre. Après les opérations de pointage fin réalisées depuis le centre de Toulouse, il a entamé sa deuxième longue séquence d’observation le 23 octobre. Celle-ci devrait se poursuivre jusqu’en mars prochain.

Depuis le début de sa mission, CoRoT a observé 3 régions du ciel soigneusement sélectionnées :

  • une zone en direction de la constellation de la Licorne (Monoceros) pendant 60 jours,
  • suivis d’une courte période (26 jours) et d’une très longue période (150 jours) de pointages dans la direction opposée, vers la constellation de la Queue du Serpent (Serpens Cauda).

CoRoT obtient des « courbes de lumière », c’est-à-dire qu’il mesure la lumière émise par un très grand nombre d’étoiles avec une précision et sur une durée inégalées. Au cours de chaque série d’observations, plus de 12 000 courbes de lumière ont ainsi été obtenues, avec des données pratiquement ininterrompues.

On peut désormais affirmer que CoRoT permettra des avancées majeures dans les deux disciplines scientifiques, enjeux majeurs de l’astronomie, auxquelles il est dédié : la recherche de planètes telluriques hors de notre système solaire et la photométrie stellaire de très grande précision pour « voir » l’intérieur des étoiles.

Rappelons que l’impact scientifique de CoRoT repose sur ses 3 principales caractéristiques de performances, jamais atteintes auparavant, et dépassant les spécifications originales :

  • la précision de fonctionnement du satellite, qui est définie par les lois de la physique et non par les caractéristiques de l’instrument ; ainsi, la précision des données est fixée par la valeur ultime imposée par les lois de la physique et non par les caractéristiques de l’instrument ;
  • la durée des observations effectuées pour une même étoile ;
  • la continuité de ces observations, pratiquement ininterrompues au cours de ces très longues périodes.

On peut affirmer :

  • que les observations effectuées par CoRoT montrent que pratiquement toutes les étoiles observées oscillent ;
  • que CoRoT découvre des exoplanètes selon une fréquence uniquement contrainte par la rapidité à mettre en œuvre les gros télescopes au sol chargés de confirmer chaque détection ;
  • qu’il a détecté des oscillations de type solaire dans des étoiles de type solaire à un niveau jamais atteint jusqu’à présent, à l’exception des observations de notre propre Soleil. ;
  • qu’il observe toutes sortes d’activités sur une large gamme de fréquences, des oscillations multimodes à la signature de mouvements erratiques superficiels et de rotations différentielles telles que le montrent les différentes périodes de passage des tâches solaires à des latitudes différentes.

L’exemple suivant en est une illustration. Les données ci-après couvrent une période de 120 jours d’observations ininterrompues. Il ne s’agit encore que de données brutes (ou données N0), qui seront affinées ultérieurement.

Sur cette « courbe de lumière » on peut immédiatement observer un certain nombre de variations et d’échelles de temps :

  • une variation « périodique » sur environ 1.5 jours,
  • une variation à long terme, produisant une sorte de phénomène de battement sur une période d’environ 40 jours. Cet effet a pu être détecté grâce à la continuité des observations sur une durée de 120 jours. Ces variations significatives sont probablement dues à la rotation de l’étoile, dont la surface n’est pas uniforme (comme observé à plus petite échelle sur le Soleil), bien qu’une interprétation définitive soit encore prématurée.
  • des pics très étroits et très réguliers correspondant à des « transits » (ou passages) réguliers se superposent à ces variations à long terme. Ce phénomène est très certainement dû à un petit corps en orbite autour de l’étoile cible, avec une période de presque 5 jours et dont la taille est à peu près vingt fois plus faible. Ce sont des observations complémentaires avec des télescopes au sol qui permettront d’en déterminer la nature exacte (petite étoile ou très grosse planète).

L’interprétation scientifique de ces données sera très prochainement présentée dans plusieurs communications préparées pour des revues scientifiques.



© LAM - Laboratoire d’Astrophysique de Marseille

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